ans le Golfe, l’oud se respire avant de se porter. Aaliya Alzarooni le rappelait en août dans Gulf News : demandez à un Émirien l’odeur de sa maison, il parlera de la fumée de bakhour qui passe de pièce en pièce et de l’oud resté dans les rideaux, bien avant de citer un parfum.
Une résine née d’une blessure
Trois mots se confondent. L’oud est le bois, brûlé en copeaux sur le charbon. Le dehn al oud est l’huile qu’on en distille. Le bakhour est un mélange de copeaux trempés dans des huiles parfumées, où l’oud entre presque toujours. Gulf News retrace leur place dans la vie du Golfe depuis des siècles.
Fumée, huile, puis vaporisateur
L’ordre compte. On commence par la fumée : le bakhour brûle dans un mabkhara que l’on promène de pièce en pièce, jusqu’à ce qu’elle imprègne coussins, rideaux et vêtements. On y passe une manche, la pointe des cheveux. Le geste vit toujours, dans les majlis comme dans un café émirien d’Abou Dhabi visité en septembre par Khaleej Times.
Vient ensuite l’huile. Selon Gulf News, le dehn al oud se pose sur les points de pulsation après la fumée. Une goutte suffit, réchauffée entre les poignets puis déposée sur le cou. Évitez la soie et les tissus clairs : l’huile est sombre et tache.
Le parfum vaporisé vient en dernier. C’est lui qu’on remarque d’abord, mais la fumée et l’huile sont ce qui reste le soir.
La fumée dans le tissu, l’huile sur la peau, le parfum par-dessus.
Cinq parfums d’oud, et les notes qui l’accompagnent
Pour une première fois, choisissez le yuzu, porté seul. Si le mabkhara fait partie de votre maison, essayez l’un d’eux sur votre dehn al oud. Tous, sauf le Versace, sont dans nos parfums mixtes.
L’oud est le bois d’Aquilaria imprégné d’une résine sombre. L’arbre la produit quand son bois est blessé et infecté par un champignon, selon la FAO et la revue Molecules. On le brûle en bakhour, on le distille en huile et on l’emploie en parfumerie.
Des Aquilaria d’Asie du Sud et du Sud-Est, d’où les noms d’origine, cambodgien ou indien. L’Aquilaria figure à l’annexe II de la CITES : l’oud sauvage ne se commerce entre pays qu’avec un permis.
Une goutte sur les points de pulsation après le bakhour, réchauffée entre les poignets puis posée sur le cou. Évitez la soie et les tissus clairs, qu’elle tache, et vaporisez le parfum en dernier.
L’oud est le bois seul, brûlé en copeaux purs. Le bakhour est un mélange de copeaux trempés dans des huiles parfumées, où l’oud entre presque toujours. Les deux brûlent dans un mabkhara.
En parfumerie moderne, l’oud est un bois cultivé ou un accord composé par le parfumeur. Sur Atir, les notes de chaque parfum distinguent « oud » et « accord oud ».